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des nouvelles..

Prochaine Tente Rouge:

 

Samedi 7 novembre à 14h00

 

à Genneteil (49 proche La Flèche et Le Lude) 

 

Contactez moi pour toute info supplémentaire ou pour inscription. 

/ / /

NB:J'ai reçu ces témoignages avec des appréciations de praticiens. Par respect pour ces personnes, j'ai enlevé les noms. Si vous souhaitez des partages d'expériences avec certains praticens en particulier, vous pouvez me contacter directement par mail via l'onglet "contact"

 

Témoignage de Fabienne: un accouchement déclenché à J+5

 

J'ai accouché à la clinique du tertre rouge.

Mon gynéco était très gentil. J'avais une visite tous les mois pendant laquelle il vérifiait mon col et bébé. Et pratiquement à chaque fois, j'ai eu une petite "photo". Quand il vérifiait le col, ça me faisait souvent mal, apparement il était haut. Je n'ai pas eu de problème durant ma grossesse (pas de nausée...) juste une grosse sciatique vers les 2 mois qui a duré jusqu'à la fin (bien que j'ai été voir un ostéo, qui a quand même réussi à me soulagé au moins le dos) et tout le temps fatigué. 

 
Pour moi, j'étais tombé enceinte vers le 15 aout. J'étais sur de mes dates de règles car nous étions en vacances quand elles sont apparus. Quand le gynéco nous a dit que bébé était prévu pour le 11 mai, j'avoue j'ai été surprise, mais il avait l'air sûr de lui (après tout c'est lui le pro). Ma grossesse se passe... dernière echo en avril, la le gynéco me dit que bébé aura peut-être une semaine d'avance (chouette, trop contente) j'attend les contractions ... Arrive le mois de mai, je fais beaucoup de marche (brocante avec maman, balade du chien...)  pour essayer d'accellérer le truc, j'ai jamais fait autant de ménage (carreau, qui est très rare chez moi, aspi, repassage..). Je recevais des sms tous les jours : "alors tu a des contractions?" et moi toujours la même rengaine "rien, zéro contractions" "haha et ben il s'est bien planté ton doc... " "grrrrrr" Bref j'en avais MARRE! 

 
Viens le 11 mai, toujours pas de contraction, je vais à la maternité comme me l'a conseillé ma sage femme libérale. Le gynéco de garde me pose des questions, m'ausculte... et là veut voir ma première écho, me demande si j'avais des doutes sur la date de conception, je répond que oui pour moi c'était plus vers le 15...  Et là le coup de massue : "vous avez raison pour moi c'est vers le 17 ou 18..." je lui demande comment ça se fait que la date ne soit pas bonne, il me dit que mon doc a pris seulement les dates de règles et n'a pas tenu compte des dimensions de bébé lors de ma première écho... Je dois revenir dans 2 jours, et on verra ce qu'on fait...

Les 2 jours passent et toujours pas de contraction, confirmé par le monito. Col toujours fermé. Le gynéco me propose un déclenchement le soir même ou revenir dimanche (2 jours après donc le 15). Je préfère attendre, bébé va bien, je me dis qu'elles vont bien finir par arriver ces contractions! Le rdv est pris vers 8h30! Vendredi... samedi... Les nuits sont courtes et ... toujours rien. Arrivée à la maternité, pose du monito, vérification du col, zéro contraction, col encore fermé. La sage femme va voir le gynéco pour confirmer le déclenchement (j'étais au bord des larmes). Elle 'essaye' de me poser une sorte de tampon (j'ai oublié le nom) pour ouvrir le col. Mais il était tellement haut et moi tellement tendu qu'elle a du s'y prendre à 2 fois, je lui demande combien de temps je dois garder ça :"au moins la journée". QUOI ? c'est si long... Oui pour un 1er ça peut prendre 2/3 jours... Ouille!

Elle me dit d'aller faire des promenades qu'on refera un monito après. La matinée se passe, puis l'après midi toujours rien. On vérifie mon col pratiquement toutes les heures. Le soir, ma sage femme me dit qu'elle part, une autre prend la relève, que je ne la reverrai pas bébé devrait arrivé au plus tard dans la journée. Super!

On m'enlève le 'tampon' et on me dit de dormir un peu. Les contractions commencaient à apparaitre, ouvert à 1. 

Mon mari rentre. Lundi matin, nouveau monito, plus du tout de contraction, on me pose alors une perf, afin d'accélérer tout ça et le col va finir par s'ouvrir petit à petit... Obligée de rester couchée pfff. Les contractions deviennent très douloureuses (à ce qu'il parait ça fait plus mal que quand c'est naturel... tant mieux)

Entre 14h et 15h, col ouvert à 3, on me dit que si je veux on peut me mettre la péridural, oui oui oui!! Et aussi grosse peur (des aiguilles) mais l'anésthésiste est super, limite il me raconte une histoire de ce qu'il fait avec une mouche, ça me détend, je n'ai rien senti, trop bien quel soulagement!

23h la sage femme (que j'avais eu la veille et qui ne s'attendait pas à ce que je sois encore ici) me dit qu'on va bientôt commencer à pousser. Elle va d'abord s'occuper de ses autres patientes! On installe tout l'attirail, puis moi (elle utilise aussi une sonde, pour le pipi)

23h30 j'ai super envie de dormir 23h50, elle me dit quand pousser, gros stress, comment on fait déjà, on me réexplique. Ok c'est bon je me souviens! Je pousse, puis pousse mais j'étais exténuée. Elle me dit encore sinon c'est césarienne :quoi non non non, (là c'est mon mari qui commence à m'engueuler) "Bon sang pousse allez dépèche toi". Ben t'es mignon tu veux ma place ptt! Aucun effet, elle pense que bébé est coincé. Elle fait appeler le gynéco.

Minuit 10 (à peu près je pense), il arrive regarde et demande la ventouse. Bébé n'est pas du tout coincé mais je suis tellement naze que ça n'a aucun effet de pousser, il ne veut vraiment pas descendre. Il isntalle la ventouse et me dit "poussez quand vous en avez envie!" Ok, je pousse, il me dit "allez y prenez le sous les bras" (quoi déjà?), Ni une ni deux je le sors moi-même (ma belle soeur me l'avait conseillé) et le pose sur mon ventre (ce geste m'a permis d'avoir au moins un bon souvenir de mon accouchement) le gynéco me dit pas étonnant que vous ayez du mal c'est un beau bébé, HA.

Quel bonheur!!!

Mais au faites fille ou garçon? (nous voulions la surprise) OH c'est Léonard!!!! Mon mari coupe le cordon! On me le prend pour peser, mesurer, nettoyer (quoi que d'après ma sf il était très propre) 3k830 50.5cm qui nous en font voir de toutes les couleurs mais quel bonheur!!! 
Bon il n'était pas pressé, mais est toujours un peu faignant (ne veut pas être sur le ventre ne sais pas se tourner à 10 mois quand même)!


Voila j'ai enfin fini mon pavé... 

 

 

Témoignage d'Aurore: 2 accouchements par césarienne différents.

 

 

J’ai eu 2 “accouchements” à la clinique du tertre. J’ai mis accouchements entre guillemets car pour moi une césarienne n’est pas vraiment un accouchement, nous restons spectateurs de ce moment aussi intense soit-il.
 
Pour le 1er, je suis arrivée avec le papa, une bonne laryngite en prime mais ravie de me dire que ça y est, mon bébé va venir dans mes bras. Mon gynéco m’avait fait passer une radio du bassin 3 semaines avant car il doutait de la largeur de celui-ci, mais on pouvait essayer quand même. Cet infime espoir je l’ai gardé, quand on nous a installé dans la chambre la sage femme a remarqué ma toux, température 38,2 °. Elle est sorti pour prévenir le gynéco de ma fièvre et du début du travail, une chance pour moi c’était le mien de garde il connaissait mon désir d’accoucher par voie basse ET sans péri. Il nous a annoncé calmement qu’il fallait que le bébé sorte dans la journée mais que nous allions attendre un peu de voir comment cela allait avancer.
Quelques heures plus tard, le col s’ouvrait mais ma fille ne descendait pas et mon état ne s’améliorait pas non plus. Le verdict tomba net : j’avais la grippe, césarienne en urgence. Juste au moment ou j’avais réussi à convaincre mon ami de partir manger un peu ils sont venus me dire qu’on descendait au bloc, je leur ai juste dit que je ne descendais pas sans mon ami et ils ont bien voulu attendre, quand il est arrivé nous sommes partis à la rencontre de notre bébé.
Au bloc je mourais de froid. J’ai su par la suite que le chauffage qu’ils mettaient pour me réchauffer était au max ( une sorte de soufflerie sur le haut du corps). Le papa est toujours resté avec moi mais il n’a pas pu aller voir sa fille, nous n’avons pas pu l’embrasser, lui faire la tétée de bienvenue, elle est tout de suite partie en examen. Il fallait vérifier qu’elle n’avait aucun virus, que ses fonctions étaient parfaites.
Pour moi, les choses ne se sont pas arrangées, le produit pour aider l’utérus à se recontracter n’a pas fait effet. Ils m’ont mis en salle de réveil avec surveillance, je me souviens d’avoir entendu une fois ma température 40,2 °.
Mon ami a rencontré le gynéco : “ vous pouvez prévenir la famille, votre fille va bien, par contre les visites sont interdites pour votre compagne, il y a un risque d’hémorragies.”
Il m’a rejoint en salle de réveil sans rien me dire de ce qu’il savait mais je sentais que quelque chose n’allait pas, j’avais beau lui demander si la petite allait bien c’était juste oui mais pas un mot de plus.
Il m’ont laissé la poche de 3 kg sur le ventre pendant plus de 24h pour que l’utérus retrouve sa place initial, j’ai pu voir ma puce 5 min le lendemain, en attendant je n’avais qu’une photo d’elle et un numéro pour appeler la néonat’. J’ai accouché le mardi matin et j’ai pu tenir ma fille et lui donner le sein le vendredi, entre temps j’avais mon copain le tire-lait avec moi dans la chambre.
Nous sommes sorties le lundi et j’ai réussi à l’allaiter jusqu’à ses 6 mois, nous avons dormis ensemble durant un mois puis des parties de nuit. Ma grande a maintenant 3 ans et demi mais à part l’accouchement du petit frère, nous n’avons jamais été séparées une nuit ou pour des vacances. Je suis persuadée qu’elle garde des “souvenirs de cette séparation ou maman n’allait pas bien”. Je garde cependant un très bon souvenir du jour de ma sortie où la sage femme est venue me demander si j’avais des questions pour la suite et m’a dit une petite phrase : “maintenant vous allez rentrer chez vous et personne n’aura à vous dire de tirer votre lait ou d’attendre entre 2 tétées, vous allez pouvoir la câliner comme vous le voulez, vous savez ce que vous devez faire”.
 
 
Pour mon 2ème, la césarienne était programmée mais j’espérais et je demandais au gynéco à chaque visite si j’allais avoir les mêmes complications que pour la 1ère. Il ne m’a répondu que pour la visite du 7ème mois il me semble, quand il était sûr de lui. Oui, j’aurais une césa vu que mon bassin n’avait pas bougé et qu’il y avait une cicatrice et non les complications étaient certainement dû à la fatigue de la grippe.
Nous avions prévu la césarienne vers la mi aout. J’ai eu un petit soucis à la dernière visite, j’ai inversé tout mes rendez vous, je me suis retrouvée au gynéco avec une journée de retard. Nous avons pu placer un rendez-vous le lendemain quand même. Je lui ai alors dit mes nombreuses contractions alors que le terme était prévu dans 1 mois ( donc 15 jours d’avance avec la césarienne), il m’a alors dit que la césarienne allait être avancée au 8 au lieu du 17. Cela me laissait 10 jours maximum pour faire ma valise et me préparer mentalement à ma 2ème césarienne.
Dès le week end mon ami m’obligea à faire ma valise, mais le jeudi matin j’ai du le rappeler du travail j’avais vraiment mal. Arrivés à la clinique et étant allongées, les contractions s’espaçaient. On m’annonça que je pouvais soit rester mais que la césarienne n’allait peut être pas être faite dans le week end ou que je pouvais rentrer. Je me voyais déjà dans un lit à attendre au lieu d’être avec ma grande. J’ai décidé de rentrer, mais hélas les contractions sont revenues, nous avons trouvé quelqu’un de confiance pour que notre grande dorme sans stress et c’était reparti pour la clinique. La césarienne serait faite dès le lendemain matin, grâce à la préparation ou l’on m’avait demandé ce qu’ils pouvaient améliorer pour mon accouchement, j’ai pu avoir le sentiment de faire naitre mon bébé, le gynéco m’avertit qu’il voyait le bébé et qu’il le sortait.
Ce n’est que 2 phrases mais au moins je savais que mon bébé était sorti de mon ventre, mon ami a été invité à les suivre et voir les 1er soins, sorti du bloc direction salle de réveil avec un arrêt pour le 1er bisou/câlin à mon garçon qui était un peu gris.
Je m’ennuyais fermement en salle de réveil et demandait tout le temps quand on allait me remonter, au moment ou je suis partie pour ma chambre j’ai appris que mon garçon s’était refroidi et qu’il était parti en néonat ( néonat le retour ggrrrr). Une sage femme est venu m’expliquer le pourquoi, il était trop petit moins de 2kg400 et selon eux il n’avait pas 37 semaines car il n’avait pas de rides sous les pieds.
Je suis descendue le voir dès le 1er soir en néonat, et le lendemain avec ma fille nous sommes retournés le voir. Mais là ça c’est compliqué apparemment il venait de se rendormir et il ne fallait pas le réveiller pour qu’il puisse le réveiller. Ok nous remontons et redescendrons dans 3 heures, 3 longues heures pour ma grande qui n’a pas voulu remettre son masque arrivée dans la chambre de son frère. Nous nous sommes vu refuser le droit de le sortir de la couveuse sous prétexte que sa sœur ne mettait pas son masque. Je me suis fâchée jusqu’à voir le pédiatre qui m’a accordé une chambre kangourou et j’ai pu rester tout près de mon petit bout pendant encore une semaine. Nous sommes restés en tout 10 jours, ma grande a assez mal vécu cette séparation.
Le mardi soir j’ai eu ma grande au téléphone en larme qui ne supportait plus de ne pas me voir, je suis allée à la rencontre des infirmières de nuit leur expliqur qu’il fallait que je sache quand je sortirais AVEC mon fils mais elles n’avaient pas de réponse seulement un bon conseil : demander au gynéco une permission, vu que je tirais mon lait je pouvais partir après la tétée de 17 h et revenir vers 21h30 22h, ma grande apprécia de m’avoir rien que pour elle et j’ai pu prévoir des vêtements chauds pour mon petit frileux. J’ai même réussi un soir à arrivere juste à la fin du biberon de lait de maman, un vrai bonheur. Nous sommes sortis le samedi en fin de matinée et mon seul espoir que je ne retourne plus en service de néonat si bien sur j’arrive à décider mon ami d’un petit troisième.

 

Je pense avoir reçu un peu d’aide de ma belle famille puisque ma belle mère avait été allitée dès le 3 mois pour mon ami donc ils sont très attentifs aux femmes enceintes. Pour l’allaitement je me suis tournée vers la leche league quand le besoin s’en faisait sentir, pour ma grande j’ai eu le droit a un RGO + muguet et pour le petit RGO à cause d’une intolérance au lactose donc j’étais au r égime. Et maintenant il me fait une belle confusion sein tétine + grève de la tétée du au déménagement pour la semaine prochaine, j’espère réussir à le remettre au sein quand nous serons bien installés ou tout du moins lui redonner mon lait grâce au tire-lait qui est en carton. Mais j’aurais bien aimé avoir quelqu’un au téléphone qui m’appelle car je n’avais pas le temps d’appeler pour me demander comment ça se passait pour les tétées, les nuits et LE cordon ombilical (j’aime pas du tout), par contre pas forcément passer car j’aurais eu du mal à recevoir dans une maison en bazar et j’avais pas le temps de ranger puisque mes allaitements sont plus importants que le tas de l inge à repasser ou les jouets à ranger.
J’espère que mon témoignage n’aura pas été trop long...

 

 

 

Témoignage de Jonathan: un papa qui raconte l'ANA (Accouchement Non Assisté), un accouchement entièrement physiologique.

 

Le travail a démarré vers 4 heures du matin, avec des contractions toutes les 5 à 10 mintues environ. Ca faisait déjà quelques jours qu'elle avait des contractions de ce genre, plutôt régulières, mais qui finissaient par s'estomper, donc on n'est pas encore sûr que le travail a réellement commencé.
D'ailleurs, bizarrement, on n'en est vraiment sûrs que quelques heures avant la fin : lors de l'accouchement de notre premier, elle avait eu des contractions régulières mais pas très fortes (et inefficaces) pendant environ 10 heures (à la maternité, allongée sur le dos avec une ceinture de monitoring sur le ventre... la position idéale pour faire progresser le travail quoi!). Suite à ça, ça avait fini en césarienne pour souffrance foetale. Du coup, on était tous les deux hantés par l'incertitude d'avancer au cours de ce deuxième accouchement, et le sentiment que les contractions allaient sûrement finir par s'estomper, que ça ne progresserait jamais, etc. C'est pas très rationnel, mais jusqu'au dernier moment, on était à 2 doigts de se dire que c'était une fausse alerte et que ce serait pour plus tard... :)

En tous cas, vers 4 heures du matin, Debbie s'est levée et s'est coulée un bain (moi, je dormais allègrement...). Elle me réveille vers 7h, on démarre la journée normalement, je pars au travail (pas loin), avec un peu d'incertitude, mais ne croyant pas encore franchement que ce serait pour aujourd'hui. Je repasse à la maison en milieu de matinée pour être sûr que tout va bien et qu'elle n'a pas besoin de moi. Elle se repose au lit et gère ça sans problème. Je retourne au travail.

A midi je reviens, les contractions sont toutes les 2 minutes et durent environ 45 secondes. On commence à se dire que ce sera peut-être bien le jour J.
A 13h j'emmène Ruben (notre premier) chez ma belle-soeur et je décide de rester à la maison l'après-midi "au cas où" ce serait bien pour aujourd'hui. D'un côté ça paraît évident qu'elle est en vrai travail, en même temps, difficile d'en être sûr. On n'ose toujours pas dire aux proches avec certitude qu'elle est en
travail.

On passe donc l'après-midi ensemble, tranquilles, sur nos fauteuils devant le poêle dans notre chambre. La chaleur du poêle est très apaisante et relaxante. Je chronomètre ses contractions -- discrètement pour ne pas trop la faire sortir de sa bulle -- elles durent toujours entre 45 et 60 secondes environ, et viennent toutes les 2 minutes à 2 minutes 30, ce pendant environ 5 heures. Elle gère ses contractions sans trop de difficulté, en essayant de rester décontractée, en respirant profondément et en essayant d'éviter d'haleter. Elle bouge un peu en fonction de ses envies, mais globalement, elle reste assise droite sur le fauteuil, devant le feu. On discute entre les contractions, et je fume tranquillement ma pipe. Plusieurs fois, elle s'inquiète de savoir si je m'ennuie. Bizzarement, non, je ne fais rien, mais je ne m'ennuie pas. J'ai la tête remplie de pensées, et en même temps, rien ne presse, je n'ai rien à faire, on est tranquille, l'inespéré et l'impossible sont en train d'arriver, mais on n'a pas le sentiment d'urgence que j'aurais imaginé, on attend, on laisse faire, on observe sans rien dire, on est tranquille, et on a toujours un peu l'impression qu'il ne se passe pas grand chose.

Progressivement au cours de l'après midi, les contractions s'intensifient. Vers 18h, elles durent environ 1 min 15, avec à peine 1 minute de répît entre elles. On ne discute plus. Debbie ferme les yeux et se laisse porter par les contractions, elle roule la tête, elle commence à mugir doucement durant les contractions, et semble à peine se "réveiller" entre les contractions. J'arrive difficilement à chronométrer les contractions parce que les limites sont devenues floues : Debbie reste entre deux mondes même après la contraction, et met un certain temps à se remettre de chacune, puis d'un coup en survient une nouvelle. Souvent, elle s'aggripe aux accoudoirs de son fauteuil et se raidit et se soulève partiellement de sorte qu'elle est plus debout qu'assise, ne touchant presque plus le siège. Puis entre les contractions, elle s'assouvit dans le fauteuil et semble presque dormir.

Toujours dans cette phase de plus en plus intense (sans doute vers 17h), elle commence à avoir besoin de massage. Elle s'agenouille devant son fauteuil, le dos au poele et plonge la tête dans le fauteuil pendant que je la masse dans le dos. Elle veut surtout que je lui soulage le bas du dos, qui était d'ailleurs la zone la plus souvent douloureuse vers la fin de la grossesse. Sans doute normal avec le poids du chargement excentré! ;) D'un coup, assise sur son fauteuil, elle perd un peu de liquide amniotique. Assez peu à vrai dire, mais de quoi donner un peu d'espoir que les choses avancent pour de vrai!

Durant toute cette période, j'essaye de lui faire boire, elle boit du jus de
fruits dilué avec beaucoup de glaçons, avec une paille. En fait elle sirote mais boit très peu. Elle arrive à manger sans problème à midi, et j'essaye de lui faire manger au cours du travail, mais plus ça va moins elle arrive à manger. Elle a vomi une fois, mais elle a quand même réussi à garder une demi banane et un petit bout de pain. Au-delà de 16h environ, elle n'arrive plus à rien manger. Retrospectivement, je suis bien content d'avoir pu lui faire manger le peu qu'elle a pu manger, car le travail a été long et elle aurait été d'autant plus exténuée à jeun...


Elle reste mobile sans problème, elle se déplace souvent vers les toilettes (comme on a des toilettes sèches, je lui avait proposé de les rentrer dans la chambre durant le travail -- pratique! -- mais elle préférait se donner une raison de bouger un peu régulièrement. Donc elle marche, elle s'assoit, elle s'agenouille et elle passe aussi pas mal de temps debout à faire des rotations du bassin, les mains sur les hanches, la tête en arrière, les yeux fermés... un peu provocateur pourrait-on dire dans d'autres circonstances!

Vers 18h, la partie la plus intense prend fin, elle a un peu de répît, les
contractions sont plus espacées et plus gérables, elle se couche au lit (sur le côté) pour prendre un peu de forces. Pendant ce temps là, je sors dehors pour faire quelques appels (j'avais décroché le téléphone et éteint mon portable, et quand je l'ai rallumé, j'ai vu que j'avait 36000 SMS et pas mal d'appels manqués, de ma famille, et la famille de Debbie, de ses amis... qu'on avait prévenus au début du travail, et qui voulaient avoir des nouvelles). Il fait déjà nuit, je frissonne de froid et surtout d'émotions pendant que j'explique aux amis l'état actuel des choses.

A mon retour, les contractions redeviennent intenses, mais elles restent
espacées de 5 minutes environ. Durant cette phase, elle me demande d'arrêter le massage et veut à la place que j'appuie fermement dans le bas de son dos. Durant ses contractions, je pousse avec elle. Elle me dira après que sans ce soutien elle n'aurait jamais pu y arriver. Si je mets trop de temps à venir au début d'une contraction, elle crie. Elle a réellement besoin de moi et pour le coup, il n'est pas question de s'ennuyer! Elle alterne plusieurs fois entre la baignoire et les toilettes, où elle fait aussi une bonne partie du travail
durant cette phase. Nous restons ainsi dans la salle de bains jusqu'à minuit environ.

Vers minuit, le découragement s'installe. Peut-être surtout chez moi d'ailleurs (elle m'a dit après coup qu'elle ne se souvient pas avoir été découragée, elle ne souvient pas de grand chose, et ne pensait à rien, elle essayait juste de vivre chaque contraction au mieux, sans penser à la précédente ni à la suivante). Toujours est-il qu'on n'a pas l'impression que ça avance. On est tous les deux fatigués à mourir. On n'en peut plus. On a l'impression qu'il reste encore un bon bout de chemin à faire et on ne se sent plus la force de la faire ce soir. On décide d'essayer de ralentir le travail pour pouvoir se reposer un peu et reprendre des forces pour le lendemain matin. Je lui sers à cet effet un grand verre de Bordereaux (une recommandation qu'on nous avait faite : un peu d'alcool et un bain chaud permet parfois de mettre en pause le travail), et on va se coucher. Pour arrêter le travail, ça n'a rien fait (quoique ça lui a peut-être quand même permis de se reposer un peu plus... pas sûr!), mais pour ma part, une fois au lit, je n'ai pas fait long feu! Pendant que je dors, les contractions continuent. Debbie les gère couchée puis s'agenouille dans le lit quand ça s'intensifie de trop. Vers 1h30 - 2h, elle se remet à mugir et je me réveille. Je me rends compte que le travail a repris (ou ne s'est pas arrêté) et qu'elle a besoin de moi. Je me remets à lui appuyer dans le bas du dos.

Tout-à-coup, je vois quelque chose apparaître. C'est lisse et marron foncé, et ça ne ressemble pas à une tête. Je lui dis, "C'est quoi ça?!", elle me répond (sans regarder), "C'est le bébé!". Je m'inquiète un peu car je sais que ce n'est certainement pas le bébé. Il s'avère que c'est la poche des eaux. Elle est partiellement rompue, mais sur le côté, et donc le bébé est précédé d'une poche intacte rempli de liquide... teinté! Je m'inquiète un peu du coup pour le bébé, mais on ne peut rien faire d'une manière ou d'une autre. Il faut le sortir, le reste, on verra après (le liquide qui avait coulé lors de la rupture initiale des eaux était clair, c'est donc sans doute que le bébé commençait lui aussi à trouver ça long!). Elle pousse avec les contractions, qui viennent toujours toutes les 5 minutes environ. D'un coup la tête apparaît, puis assez rapidement, elle sort. Je la regarde : le visage est dégagé de la poche des eaux, mais couvert de méconium et de sang. J'essuye un peu, je vois que les narines et la bouche bougent un peu (je suis un peu rassuré car je m'attendais presque -- mon côté pessimiste? -- à trouver le bébé mort). Je m'aperçois aussi qu'il avait eu la mauvaise idée de placer sa main sur le côté de sa tête, sur son oreille.

Tout s'enchaîne ensuite assez vite. Après la tête, le reste du corps sort
subitement en une ou deux contractions. C'est une fille! Elle est pâle et molle, et couverte de mucus, de méconium et de sang. Mais elle est en vie. Debbie la prend, lui donne des bisous partout. Elle essaye de respirer, mais ses quelques premiers souffles sont trop entravés de mucus. Debbie, sans se poser de question, l'aspire à la bouche, et crache (elle s'est surprise elle-même en y repensant, car elle ne s'en serait pas sentie capable). Elle lui frotte le dos, la gigote un peu. Elle respire! Quelques premiers pleurs toujours un peu gênée par le mucus, puis elle pleure normalement. Le tout a dû prendre à peine 15 secondes. Rapidement, elle reprend ses couleurs et à une minute, elle était vive et bien (je n'ai pas fait le test d'Agpar, mais je pense qu'elle aurait eu un 10 à une minute de vie, même si les quelques premiers instants n'étaient pas terribles). J'allume mon portable pour voir l'heure. Il est 2h45.

Debbie essaye de la mettre au sein, mais elle n'en veut pas tout-de-suite.
Debbie la tient sur sa poitrine, on est bien. Au bout de quelques minutes à peine, elle tète sans problème. La tétée fait venir des contractions, mais pas de placenta.

Je vois que Debbie n'est pas à l'aise, elle reste un peu nerveuse tant que le placenta n'est pas sorti. En fait (on se rend compte après coup) elle a peur de l'expluser, elle n'en peut plus de la douleur, elle veut en finir. Après environ une demi-heure on commence à se demander pourquoi il ne vient pas. Je coupe le cordon et je prend le bébé pour qu'elle puisse reprendre un bain. Dans la baignoire et pousse, elle pousse, même si elle me dit qu'elle a des contractions, mais pas d'envie de pousser. Je fais têter Abigail, en espérant que ça aidera l'expulsion à se faire. Rien n'y fait. Des contractions, elle en a, mais pas d'envie de pousser, et pas de placenta.

Vers 6h du matin, toujours rien! On commence à avoir sérieusement peur et on commence à se dire qu'on va devoir partir pour la maternité. C'est bien la dernière chose qu'on aurait voulue à ce stade. J'appelle la maternité et ils me disent de me dépécher d'appeler une ambulance et de venir. En dernier recours, j'appelle une amie aux USA, qui est doula et qui nous a donné beaucoup de conseils durant la grossesse et en vue de l'accouchement (et qui nous a soutenu dans notre décision de nous débrouiller par nous-même). Elle ne répond pas (après tout, il est 1h30 chez elle!). Je laisse un message. Je prend un café en me demandant ce que je dois faire. Debbie ne saigne pas du tout, donc je n'ai pas vraiment l'impression que ce soit une urgence, en même temps, c'est une situation que je ne sais pas gérer et il semblerait que ça puisse être problématique.

Je rappelle la doula. Elle répond! Elle est incroyable! Elle me dit que selon ma description, le placenta serait probablement déjà détaché mais simplement pas explusé, auquel cas ce ne serait pas du tout une urgence. On se connecte en Skype pour qu'elle puisse voir Debbie, parce que par téléphone, c'est pas évident. Elle nous fait soulever un peu l'utérus tout en tenant le cordon pour voir s'il bouge. Il ne bouge pas. C'est donc qu'il n'est pas coincé dans l'utérus, mais bien dans le vagin. Toujours est-il qu'il ne veut pas sortir. On discute, on essaye plein de choses, rien n'y fait. Finalement, Debbie demande, "Il fait quelle taille le placenta?". Elle lui répond, ça dépend, mais c'est pas très gros, environ la taille d'une petite assiète. Elle est rassurée. Elle voyait ça beaucoup plus gros, plus la taille du bébé. D'un coup, elle pousse, en pensant qu'elle va à la selle. C'est le placenta. Il est sorti 7 heures après le bébé!

D'un coup, à la sortie du placenta, son visage rayonne. Toute l'anxiété qu'elle avait eue les premiètes heures est partie, elle est radieuse et soulagée que ce soit fini. Elle peut enfin être pleinement heureuse. Le fichu placenta, je le mets dans un tupperware au frigo, pour le montrer à la sage-femme (on avait prévu d'en faire venir une pour faire les suites de couches, surtout dans le but de faciliter les démarches administratives : elle est effectivement venue le soir même).

La journée se pousuit dans la joie, et je ne me souviens plus de grand chose. Le bazar règne et il y a du sang partout. On prend des sièstes bien méritées l'après midi, et toute la famille de mon côté vient rencontrer la nouvelle venue le soir vers 19h. C'est génial. Abigail est incroyablement évéillée, vive, alerte. Debbie est mobile et n'a pas beaucoup de douleur (un peu quand même, car elle s'est fait une belle petite déchirure 2e ou 3e degré, sans doute à cause de cette main mal placée), mais elle est radieuse comme je ne l'ai jamais vue. C'est le jour et la nuit par rapport au rétablissement après la césarienne du premier. La joie plutôt que le désespoir. Le rire au lieu des larmes. L'extase au lieu de l'envie de suicide. Et cet attachement vicéral avec la petite, qu'elle n'avait jamais eue avec Ruben.

On a étudié pendant 6 mois. On a osé. On a travaillé pendant 22 heures. C'était pas facile. Mais tout en vallait la peine. A le refaire, on ne pourrait plus l'imaginer autrement. 

Il faut savoir qu'en Sarthe et dans les environs, il n'y a pas de sage femme qui pratique les AAD (en tous cas pas pour l'instant mais ne désespérons pas!) 

Les couples qui sont venus vers moi pour avoir des renseignements sur l'AAD, se sont toujours confrontés à cette évidence: on n'a pas le choix d'accoucher vraiment comme on le souhaite ici! 

Ce couple a fait le choix d'un ANA, accouchement non assisté. Aucune doula de l'association Doulas De France n'accompagnera un ANA. Ces couples se retrouvent donc seul avec leurs choix... Mais peut-être auraient-ils souhaité être accompagné dans leurs choix.... 


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